Mon propre bruit, le bruit des autres, le bruit du dehors, tout une espèce de cacophonie qui a le don de taper sévèrement sur le système nerveux. Loin de moi l'idée de faire un procès à l'humanité pour délit de nuisances sonores, loin de là.
Qui serais-je pour jeter des petits cailloux tranchants à ma chère et tendre voisine du dessus, qui a eu soudainement envie de me faire découvrir Eros Ramazzotti, ses bêlements mièvres sur fond musical de guitare en plastique désaccordée? D'autant que je suis tombée très tôt dans le bouillon de culture de la musique-qui-fait-du-bruit, aussi connue sous le nom de METAAAL, et qui, je suppute, doit parfois percer les tympans délicats de ma néanmoins douce et dodue voisine. Petite parenthèse, après validation par un comité scientifique très exigeant, il a été établi que Eros Ramazzotti 0 - Anders Frieden 1.
Je reconnais vouer une sainte horreur aux bricoleurs du dimanche matin, ceux qui rafistolent leur maison et aiment tant à le faire savoir à leurs voisins en déclenchant leur perceuse avant même le lever du soleil, ou démarrent leur tondeuse avec force vrombissements et pétarades. Au cours de cet exercice périlleux, ils sont accompagnés par la voix de leur douce moitié qui leur rappelle de ne pas oublier le rosier, chéri, et si tu peux aussi aller chercher du pain pour le barbecue ça serait parfait. Le tout à un volume sonore totalement déraisonnable. Vous avez déjà essayé de couvrir de votre voix le bruit d'une tondeuse?
Au même titre, je maudis très fort les voisins qui font une grosse boum avec champagne à volonté et finissent par hurler des propos totalement incohérents, sorte d'invocation diabolique à la lune qui tourneboule leurs estomacs rendus fragiles par l'absorption en masse de cochonneries diverses et variées.
Une pensée émue au passage pour le monsieur du quatrième étage, propriétaire d'une voix de stentor proportionnelle à sa bedaine proéminente. Un monsieur vraisemblablement esseulé, qui s'ennuie fermement et passe de longues heures au téléphone à sa fenêtre, déversant ses discussions prosaïques dans les conduits auditifs de tout un parterre de voisins, malheureux et suspendus à ses lèvres par la force des choses. Chantal viendra-t-elle dîner vendredi? Le mystère demeure entier.
Mais tout ceci n'est, au fond, que bibus et crottes de singes face au supplice que j'ai eu le privilège d'expérimenter ces jours derniers.
Ayant récemment entrepris un chantier d'envergure dans ma tanière, chantier que je détaillerai sans doute, un jour prochain, afin d'en débarrasser mon cerveau déjà en ébullition, j'ai découvert avec un plaisir non dissimulé la Symphonie en Perceuse Majeure. Tous les matins, à une heure totalement inacceptable pour la marmotte qui sommeille en moi, débarque une belle bande de joyeux drilles. Ils s'apostrophent d'une pièce à l'autre d'une voix gutturale qui fait résonner les cloisons, et, après avoir sacrifié au rituel du café/clope/cancans, mettent en marche leurs engins diaboliques, et en avant la musique.
Rodrigue entame le prologue, en martelant délicatement avec son marteau. La cadence est donnée, le rythme est lancé, BOUM, l'ambiance est posée, entêtante, BLAM, j'entends ses muscles se tendre pour venir à bout de ce malheureux pan de mur qui lui résiste tant. BING.
Son copain José se joint alors à ses efforts pour un allegretto con moto, et après quelques ratées, le voilà maître de sa ponceuse, ZIIIIH, Mais vas-y mollo mert'quoi t'veux faire un trou dans euch'mur arh arh.
La tension dramatique est à son comble, CRAAAAC, quand la radio fait son entrée. Petit intermède ô combien délicat, totalement surréaliste dans ce déluge d'ondes sonores cacophoniques. Saviez-vous que le vénéré Sébastien Folin anime une émission de quizz de géographie sur RTL tous les après-midis, juste avant les Grosses Têtes? Et bien maintenant, je détiens cette information ô combien précieuse, et je suis sûre qu'elle me servira dans un avenir proche.
Soudain, intervient Eric. Lassé de toute cette poussière qui envahit peu à peu les moindres recoins de ma maison, de mes baskets, s'insinuant même dans ma cafetière, Eric décide de passer l'aspirateur, se lançant alors dans une gigue endiablée, ponctuée de petits entrechats pour éviter tout à la fois le câble électrique, le flexible, et tous ses petits copains. WOUSH CRAAC ZWOUIZ BLAM BLANG BLANG.
Un final à l'intensité dramatico-musicale palpable, crescendo, quand, soudain, le silence retombe brusquement. Un silence presque bruyant, qu'on apprendrait volontiers à apprécier. TIN TIN TIN TIN TIN* RTL Bonjour, Bienvenue sur les Grosses Têtes. Ah, tous comptes faits, ça sera pour une prochaine fois.
L'apocalypse sonore a été mienne durant quelques jours. D'aucuns me répondront qu'après trois jours de métal brutal au Hellfest, j'étais en pleine mesure d'endurer un tel supplice auditif, je répondrai alors par la négative en arguant du fait que Philippe Bouvard à l'heure de la sieste, tabernacle, ça fait mal.
*On ne me blâmera pas pour cette bien piteuse imitation du jingle, j'ai la migraine.
Qui serais-je pour jeter des petits cailloux tranchants à ma chère et tendre voisine du dessus, qui a eu soudainement envie de me faire découvrir Eros Ramazzotti, ses bêlements mièvres sur fond musical de guitare en plastique désaccordée? D'autant que je suis tombée très tôt dans le bouillon de culture de la musique-qui-fait-du-bruit, aussi connue sous le nom de METAAAL, et qui, je suppute, doit parfois percer les tympans délicats de ma néanmoins douce et dodue voisine. Petite parenthèse, après validation par un comité scientifique très exigeant, il a été établi que Eros Ramazzotti 0 - Anders Frieden 1.
Je reconnais vouer une sainte horreur aux bricoleurs du dimanche matin, ceux qui rafistolent leur maison et aiment tant à le faire savoir à leurs voisins en déclenchant leur perceuse avant même le lever du soleil, ou démarrent leur tondeuse avec force vrombissements et pétarades. Au cours de cet exercice périlleux, ils sont accompagnés par la voix de leur douce moitié qui leur rappelle de ne pas oublier le rosier, chéri, et si tu peux aussi aller chercher du pain pour le barbecue ça serait parfait. Le tout à un volume sonore totalement déraisonnable. Vous avez déjà essayé de couvrir de votre voix le bruit d'une tondeuse?
Au même titre, je maudis très fort les voisins qui font une grosse boum avec champagne à volonté et finissent par hurler des propos totalement incohérents, sorte d'invocation diabolique à la lune qui tourneboule leurs estomacs rendus fragiles par l'absorption en masse de cochonneries diverses et variées.
Une pensée émue au passage pour le monsieur du quatrième étage, propriétaire d'une voix de stentor proportionnelle à sa bedaine proéminente. Un monsieur vraisemblablement esseulé, qui s'ennuie fermement et passe de longues heures au téléphone à sa fenêtre, déversant ses discussions prosaïques dans les conduits auditifs de tout un parterre de voisins, malheureux et suspendus à ses lèvres par la force des choses. Chantal viendra-t-elle dîner vendredi? Le mystère demeure entier.
Mais tout ceci n'est, au fond, que bibus et crottes de singes face au supplice que j'ai eu le privilège d'expérimenter ces jours derniers.
Ayant récemment entrepris un chantier d'envergure dans ma tanière, chantier que je détaillerai sans doute, un jour prochain, afin d'en débarrasser mon cerveau déjà en ébullition, j'ai découvert avec un plaisir non dissimulé la Symphonie en Perceuse Majeure. Tous les matins, à une heure totalement inacceptable pour la marmotte qui sommeille en moi, débarque une belle bande de joyeux drilles. Ils s'apostrophent d'une pièce à l'autre d'une voix gutturale qui fait résonner les cloisons, et, après avoir sacrifié au rituel du café/clope/cancans, mettent en marche leurs engins diaboliques, et en avant la musique.
Rodrigue entame le prologue, en martelant délicatement avec son marteau. La cadence est donnée, le rythme est lancé, BOUM, l'ambiance est posée, entêtante, BLAM, j'entends ses muscles se tendre pour venir à bout de ce malheureux pan de mur qui lui résiste tant. BING.
Son copain José se joint alors à ses efforts pour un allegretto con moto, et après quelques ratées, le voilà maître de sa ponceuse, ZIIIIH, Mais vas-y mollo mert'quoi t'veux faire un trou dans euch'mur arh arh.
La tension dramatique est à son comble, CRAAAAC, quand la radio fait son entrée. Petit intermède ô combien délicat, totalement surréaliste dans ce déluge d'ondes sonores cacophoniques. Saviez-vous que le vénéré Sébastien Folin anime une émission de quizz de géographie sur RTL tous les après-midis, juste avant les Grosses Têtes? Et bien maintenant, je détiens cette information ô combien précieuse, et je suis sûre qu'elle me servira dans un avenir proche.
Soudain, intervient Eric. Lassé de toute cette poussière qui envahit peu à peu les moindres recoins de ma maison, de mes baskets, s'insinuant même dans ma cafetière, Eric décide de passer l'aspirateur, se lançant alors dans une gigue endiablée, ponctuée de petits entrechats pour éviter tout à la fois le câble électrique, le flexible, et tous ses petits copains. WOUSH CRAAC ZWOUIZ BLAM BLANG BLANG.
Un final à l'intensité dramatico-musicale palpable, crescendo, quand, soudain, le silence retombe brusquement. Un silence presque bruyant, qu'on apprendrait volontiers à apprécier. TIN TIN TIN TIN TIN* RTL Bonjour, Bienvenue sur les Grosses Têtes. Ah, tous comptes faits, ça sera pour une prochaine fois.
L'apocalypse sonore a été mienne durant quelques jours. D'aucuns me répondront qu'après trois jours de métal brutal au Hellfest, j'étais en pleine mesure d'endurer un tel supplice auditif, je répondrai alors par la négative en arguant du fait que Philippe Bouvard à l'heure de la sieste, tabernacle, ça fait mal.
*On ne me blâmera pas pour cette bien piteuse imitation du jingle, j'ai la migraine.