Chaque année, peu après le solstice d'été et son cortège de beaux jours ensoleillés, promesse de sacrifices aux divinités champêtres de la saucisse et du sirop de houblon, commence la grande transhumance du hollandais. Chaque année à la même époque, attiré vers les plages du Sud et l'astre solaire, comme si les transats soufflaient dans leurs petites flûtes hamelinoises, le Hollandais se jette sur les routes européennes. Comme un troupeau de gnous défiant les lions, crocodiles et autres vilains prédateurs embusqués dans la savane hostile, le Hollandais bourre sa grosse berline de gosses, femme, et matériel de survie en milieu balnéaire, y arrime sa petite coquille en forme de caravane, et prend la route.
Le Hollandais, confortablement assis dans le cocon protecteur de son habitacle, déboîte d'abord et met son clignotant après, sans doute pour décorer et avertir l'automobiliste qui aurait le malheur de le suivre, qu'une manoeuvre a été sur le point d'être finie avant d'être amorcée.
Le Hollandais, ne doutant en aucun cas des capacités chevalines cachées sous son capot, s'autorise des dépassements impromptus avec caravane sur la voie de gauche de l'autoroute, occasionnant ainsi un ralentissement important. Ralentissement important que notre pote l'indien rusé appelle pudiquement des bouchons, phénomène typiquement français à en croire l'air las et résigné du Hollandais, coincé avec sa caravane sur la voie de gauche, ne comprenant pas pourquoi il s'attire à ce point les foudres et invectives de ses comparses de galères routières.
Rituellement, sur sa longue route de pèlerinage vers les plages espagnoles si chères à son bronzage et à son taux de bêta-carotène, le Hollandais s'arrête par grappes dans un monastère bien connu par lui. C'est par ban d'une dizaine d'individus environ que le Hollandais se livre alors à un rituel immuable, déposant son urine dans les cuvettes émaillées, rendant un hommage à peine perceptible aux grands prêtes mayas qui faisaient offrande de cœurs et tripailles humaines au sommet de leurs pyramides.
Survient alors le chemin de croix du Hollandais (qui, futé, aura pris ses précautions urinaires avant cette épreuve), la traversée de la capitale française, fleuron des encombrements routiers et zone de non-droit ultime en matière de circulation automobile et deux-rouesque. Car, il n'y a point de secret, ma brave dame. Avant d'atteindre l'Éden de plages sales encombrées de leurs congénères, avant de pouvoir tremper ses lèvres dodues dans le Saint Graal alcoolisé espagnol, le Hollandais doit souffrir en pénitence pour cette année passée à ignorer ostensiblement les véhicules motorisés, sifflant au vent sur sa bicyclette vintage dans les rues et zones qui lui sont dévolues, là-haut, au Grütgrütländ. Imaginez donc le désarroi du pauvre Hollandais, tentant un changement de voie périlleux en pleine période de pointe, et se retrouvant tout de guingois, à cheval entre deux voies, soumis aux quolibets des motards, furieux de ne pouvoir rouler sur leur quatrième voie toute jolie. Un petit poing rageur sort alors d'un véhicule, invectivant le vilain pas beau de cuir vêtu, qui ose ainsi lui refuser la priorité.
Pour le Hollandais qui aura terriblement péché durant l'année écoulée, la sentence ultime, le châtiment suprême consistera à tomber en panne en plein milieu d'un tunnel, préférentiellement sur la voie de gauche, créant à lui seul un incident d'ampleur régionale. Et le Hollandais reste obstinément caché dans sa voiture, en pleine circulation, refusant de faire mine d'ouvrir le capot - voire de tenter de résoudre le problème pour redémarrer vers sa sacro-sainte Playa.
Tout ce stress pour se transformer en saucisse rougeaude et boudinée dans un maillot de bain étriqué, qui a raccourci dans le placard cet hiver (n'accusez pas le Hollandais de s'empiffrer en cachette, il ne se nourrit que de harengs verts sur le port d'Amsterdam, voyons).
Ite, playa est.
Le Hollandais, confortablement assis dans le cocon protecteur de son habitacle, déboîte d'abord et met son clignotant après, sans doute pour décorer et avertir l'automobiliste qui aurait le malheur de le suivre, qu'une manoeuvre a été sur le point d'être finie avant d'être amorcée.
Le Hollandais, ne doutant en aucun cas des capacités chevalines cachées sous son capot, s'autorise des dépassements impromptus avec caravane sur la voie de gauche de l'autoroute, occasionnant ainsi un ralentissement important. Ralentissement important que notre pote l'indien rusé appelle pudiquement des bouchons, phénomène typiquement français à en croire l'air las et résigné du Hollandais, coincé avec sa caravane sur la voie de gauche, ne comprenant pas pourquoi il s'attire à ce point les foudres et invectives de ses comparses de galères routières.
Rituellement, sur sa longue route de pèlerinage vers les plages espagnoles si chères à son bronzage et à son taux de bêta-carotène, le Hollandais s'arrête par grappes dans un monastère bien connu par lui. C'est par ban d'une dizaine d'individus environ que le Hollandais se livre alors à un rituel immuable, déposant son urine dans les cuvettes émaillées, rendant un hommage à peine perceptible aux grands prêtes mayas qui faisaient offrande de cœurs et tripailles humaines au sommet de leurs pyramides.
Survient alors le chemin de croix du Hollandais (qui, futé, aura pris ses précautions urinaires avant cette épreuve), la traversée de la capitale française, fleuron des encombrements routiers et zone de non-droit ultime en matière de circulation automobile et deux-rouesque. Car, il n'y a point de secret, ma brave dame. Avant d'atteindre l'Éden de plages sales encombrées de leurs congénères, avant de pouvoir tremper ses lèvres dodues dans le Saint Graal alcoolisé espagnol, le Hollandais doit souffrir en pénitence pour cette année passée à ignorer ostensiblement les véhicules motorisés, sifflant au vent sur sa bicyclette vintage dans les rues et zones qui lui sont dévolues, là-haut, au Grütgrütländ. Imaginez donc le désarroi du pauvre Hollandais, tentant un changement de voie périlleux en pleine période de pointe, et se retrouvant tout de guingois, à cheval entre deux voies, soumis aux quolibets des motards, furieux de ne pouvoir rouler sur leur quatrième voie toute jolie. Un petit poing rageur sort alors d'un véhicule, invectivant le vilain pas beau de cuir vêtu, qui ose ainsi lui refuser la priorité.
Pour le Hollandais qui aura terriblement péché durant l'année écoulée, la sentence ultime, le châtiment suprême consistera à tomber en panne en plein milieu d'un tunnel, préférentiellement sur la voie de gauche, créant à lui seul un incident d'ampleur régionale. Et le Hollandais reste obstinément caché dans sa voiture, en pleine circulation, refusant de faire mine d'ouvrir le capot - voire de tenter de résoudre le problème pour redémarrer vers sa sacro-sainte Playa.
Tout ce stress pour se transformer en saucisse rougeaude et boudinée dans un maillot de bain étriqué, qui a raccourci dans le placard cet hiver (n'accusez pas le Hollandais de s'empiffrer en cachette, il ne se nourrit que de harengs verts sur le port d'Amsterdam, voyons).
Ite, playa est.
Bon bin alors voilà, moi je kiffe.
RépondreSupprimerdes harengs verts ?
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