Ou la problématique des hallucinations visuelles complexes, décrites de façon très précises par les patients, à l'instar de ce cher Monsieur N.
Un chouette vieil homme, cultivé, sensible, parfois très enjôleur et drôlement au fait des techniques de séduction - certes archaïques - que l'on trouve dans les romans courtois. Un brave homme, avec lequel il est possible de s'entretenir d'histoire, d'archéologie, d'histoire des religions, de galénique, de littérature, bref, de tout un monceau de thèmes variés, au travers de discussions qu'il enrichit et entretient avec une grande pertinence.
Un monsieur souffrant de démence neurodégénérative, une démence à corps de Lewy diffus pour être plus précis, et qui est désormais entré dans la phase symptomatique de la maladie, avec son florilège de déficiences somatiques et aussi d'hallucinations. Comment se comporter, comment réagir quand ce vieux, très vieux monsieur, me raconte en détail son insomnie de la veille, imputée à la présence d'intrus qui, je cite, s'étalaient, prenaient toute la place dans le lit, et faisaient gémir mon matelas à eau? Comment réajuster la communication quand, soudain, son regard se fige, et qu'il attire doucement mon attention sur l'escalator qu'ils sont en train d'installer à l'étage, oulà, regardez, le plafond ondule, j'ai peur qu'il ne s'effondre. Je, heu, oui, heu, non, je n'ai rien vu. Un voile de tristesse obscurcit son regard, il aurait tellement aimé que je voie aussi ces mouvements (attention! le lustre vacille! - ça y est, j'ai perdu le fil de ma pensée), il aimerait ne pas être le seul à voir des choses étranges, à pouvoir les décrire, les analyser, et à être tout à fait conscient que son cerveau atteint un tel stade de déliquescence qu'il en arrive à mélanger allègrement les sensations, se trompant dans leur interprétation.
L'interprétation (rationnelle, dans la plupart du temps) des sensations reçues par l'organisme, l'intégration des différents stimuli, ce sont des choses qu'une personne saine considérera comme normales, allant de soi. Quid des personnes qui, pour diverses raisons, se trouvent plongées dans un environnement en tout point similaire au nôtre, mais émaillé de détails bizarres? Les troubles hallucinatoires sont principalement connus du grand public comme relevant du domaine de la psychopathologie (délire hallucinatoire dans les schizophrénies, les psychoses hallucinatoires chroniques, le Delirium Tremens...) mais apparaissent aussi dans les démences du grand âge. Quand le patient est -encore- conscient de ses troubles, et capable de faire la part des choses entre réalité et interprétation erronnée, il se livre à des récits qui peuvent choquer les profanes, par assimilation avec le monde de la folie.
Le monde de la maladie mentale effraie encore beaucoup, d'autant plus (et ce n'est là qu'interprétation personnelle) que la plupart des patients sont totalement normaux, comme vous et moi, tout du moins extérieurement.
Pour reprendre les mots d'une campagne de sensibilisation aux troubles psychiques, datant de 2006/2007 si ma mémoire est bonne, Et si votre voisin voit autre chose que vous... Vous en avez peur?
Dingue comme la limite entre normalité et anormalité est ténue et fluctuante.
Un chouette vieil homme, cultivé, sensible, parfois très enjôleur et drôlement au fait des techniques de séduction - certes archaïques - que l'on trouve dans les romans courtois. Un brave homme, avec lequel il est possible de s'entretenir d'histoire, d'archéologie, d'histoire des religions, de galénique, de littérature, bref, de tout un monceau de thèmes variés, au travers de discussions qu'il enrichit et entretient avec une grande pertinence.
Un monsieur souffrant de démence neurodégénérative, une démence à corps de Lewy diffus pour être plus précis, et qui est désormais entré dans la phase symptomatique de la maladie, avec son florilège de déficiences somatiques et aussi d'hallucinations. Comment se comporter, comment réagir quand ce vieux, très vieux monsieur, me raconte en détail son insomnie de la veille, imputée à la présence d'intrus qui, je cite, s'étalaient, prenaient toute la place dans le lit, et faisaient gémir mon matelas à eau? Comment réajuster la communication quand, soudain, son regard se fige, et qu'il attire doucement mon attention sur l'escalator qu'ils sont en train d'installer à l'étage, oulà, regardez, le plafond ondule, j'ai peur qu'il ne s'effondre. Je, heu, oui, heu, non, je n'ai rien vu. Un voile de tristesse obscurcit son regard, il aurait tellement aimé que je voie aussi ces mouvements (attention! le lustre vacille! - ça y est, j'ai perdu le fil de ma pensée), il aimerait ne pas être le seul à voir des choses étranges, à pouvoir les décrire, les analyser, et à être tout à fait conscient que son cerveau atteint un tel stade de déliquescence qu'il en arrive à mélanger allègrement les sensations, se trompant dans leur interprétation.
L'interprétation (rationnelle, dans la plupart du temps) des sensations reçues par l'organisme, l'intégration des différents stimuli, ce sont des choses qu'une personne saine considérera comme normales, allant de soi. Quid des personnes qui, pour diverses raisons, se trouvent plongées dans un environnement en tout point similaire au nôtre, mais émaillé de détails bizarres? Les troubles hallucinatoires sont principalement connus du grand public comme relevant du domaine de la psychopathologie (délire hallucinatoire dans les schizophrénies, les psychoses hallucinatoires chroniques, le Delirium Tremens...) mais apparaissent aussi dans les démences du grand âge. Quand le patient est -encore- conscient de ses troubles, et capable de faire la part des choses entre réalité et interprétation erronnée, il se livre à des récits qui peuvent choquer les profanes, par assimilation avec le monde de la folie.
Le monde de la maladie mentale effraie encore beaucoup, d'autant plus (et ce n'est là qu'interprétation personnelle) que la plupart des patients sont totalement normaux, comme vous et moi, tout du moins extérieurement.
Pour reprendre les mots d'une campagne de sensibilisation aux troubles psychiques, datant de 2006/2007 si ma mémoire est bonne, Et si votre voisin voit autre chose que vous... Vous en avez peur?
Dingue comme la limite entre normalité et anormalité est ténue et fluctuante.
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