mardi 24 novembre 2009

Allez, on joue.

En ces temps automnaux qui ont tendance à me taper un poilounet sur le moral, sans oublier le physique assailli par une armée de méchants virus de grippe (probablement A aux dires de mon gentil docteur), force est de constater que je n'ai pas envie de grand chose.
Besoins élémentaires restreints à dormir, manger du gâteau au chocolat (j'ai tenté l'overdose de Schokobons ce ouikend, ce n'était pas glorieux), et paresser devant un documentaire animalier à base de koalas mignons, d'hippopotames gracieux, voire de sangliers boueux, au choix.

Quoi qu'il en soit, dans un moment de grand ennui, j'ai eu l'idée un peu étrange de représenter ma "personnalité" (avec tentative de tri très intéressante entre défauts, qualités, éléments caractériels et éléments relationnels) ainsi que mes acquis actuels (à part un appart et un travail, pas grand chose à signaler à l'horizon, mais bon, c'est déjà plus que bien) sous forme d'un petit bonhomme de Legos.
Dans ma frénésie d'étiquetage compulsif, il m'a fallu, bien entendu, essayer de trouver les pièces que l'on pourrait qualifier de manquantes, et tenter de les adjoindre à cet édifice déjà bien précaire et branlant - à moins qu'il ne faille blâmer pour cela mes skills de Lego d'enfant de 4 ans. C'est à cette occasion que j'ai un tantinet ouvert les yeux sur un épisode assez récurrent, à savoir que des gens, oui, DES GENS (ieurk) me trouvent parfois bizarre, voire, osons le mot, étrange.
Parenthèse lexicale [Etrange: Qui est hors du commun, qui sort de l'ordinaire, inhabituel.] [Mouais].
Je peux tout à fait concevoir que, se réparer les bobos de l'âme en jouant aux Legos et en imaginant quelles pièces manquantes pourraient tout à fait combler l'ensemble, c'est un tantinet suspect, mais ça aide tellement à une représentation physique d'états mentaux parfois si délicats à percevoir, alors à décrypter et à expliquer, passons.
Le bilan après ces quelques heures de bidouillage de Legos, mollement avachie dans mon canapé et enroulée dans ma couette, est donc le suivant.
- Pôle occupationnel riche et dense (ça me fait une jambe droite un peu démesurée, avec un gros genou - clin d'œil à la vilaine ER5 qui m'a écrabouillé le ménisque).
- Pôle hobbies un peu plus maigrichon, ça me fait un bras gauche tout fluet, sur lequel un petit livre n'a malheureusement pas su tenir en équilibre.
- Pôle famille grêle lui aussi, mais bon, c'est de ma faute, je devrais davantage m'en soucier. Bras droit symétrique, de ce fait.
- Pôle amical satisfaisant, le ventre est bien en place et bien ancré, ça va, il est parfois un peu douloureux, mais ne confondons pas symptômes physiques et branlette intellecto-psychique.
- Pôle sentimental un peu vide, ces temps-ci, mais on incriminera les circonstances et ma perpétuelle quête de la perfection au détriment de l'acceptation (reconnaissante) des acquis tels qu'ils le sont.
- Pôle introspectif à la limite de la sur-représentation agressive, à moi la jolie tête difforme.

Après assemblage des différentes pièces, force est de constater qu'il y avait comme un léger, infime, petit problème dans mon bonhomme. Une seule jambe, ça rend l'équilibre précaire, et pas de cœur, ça rend la gestion des émotions difficile aussi, d'autant que le volume du domaine intérieur a tendance à vouloir tout faire basculer par terre. Ah oui, et je n'ai pas dessiné de sourire ni d'yeux. Je n'ai pas non plus de mains, ni de pied. Quel résultat surprenant, au final.
C'était donc la seule et unique fois que je tentai de mettre à plat ce qui me contrarie, en le représentant de façon allégorique. On aboutit à des créations difformes, qui doivent alors vite, vite, vite, retrouver le sein de leur créateur suite à un rite sacrificiel atroce.

Demain, si vous le voulez bien, je vous expliquerai comment soigner la toux en modelant de splendides zombies en purée, avec l'aide de précieux petits bouts de jambon.