On nous rebat les oreilles depuis des années de propos totalement merdiques, totalement foireux, totalement abscons, à base de aime-toi, ton prochain t'aimera. J'ai peut-être pris cette maxime à contre-pied, en me disant que si j'aimais davantage mon prochain, ledit prochain m'aimerait davantage. Hors, non, c'est pas vrai, c'est même totalement faux, FAIL comme on dit par chez nous.
Pour une fois vraiment, j'ai été fondamentalement mauvaise avec quelqu'un que je considérais comme humain, simplement parce que son instinct de survie était en opposition parfaite avec le mien. Et quels que soient les hypothétiques messages de soutien que je puis recevoir à ce sujet, il n'en reste pas moins que, pour continuer à vivre et à simplement manger, j'ai dû faire une croix sur la vie d'autrui. Et ça, bah c'est pas du tout en accord avec mes considérations un peu bisounourisennes de la vie. Dans mon monde à moi, les choses sont faites de manière totalement désintéressée, les actes n'ont pas pour valeur d'acquérir un quelconque consentement d'autrui ni un éventuel changement dans le mode de pensée des gens. Chez moi, les choses tu les fais pour toi, à partir du moment où tes initiatives ne coûtent pas la vie d'une tierce personne. Et bah chez moi c'est pas franchement pareil que chez les autres. Plaidoyer pour ma pomme mis à part, plus le temps passe, plus le constat s'avère amer: aide-toi, le ciel t'aidera. Et le ciel peut bien entendu sous-entendre n'importe quoi d'autre que de l'humain. C'est rigolo deux minutes d'être le réceptacle des ennuis d'autrui, mais le jour où je sature, de tous ces ennuis ajoutés aux miens, j'en fais quoi? Je les porte comme une patate trop chaude, les basculant de main en main, en attendant de trouver le point de respawn parfait?
Et bah, non. Non je ne continuerai pas de donner du travail à quelqu'un qui compte défoncer le mien. Et mon gagne-pain (qui sert à payer, réellement, l'appart et le pain) avec. Non, je ne continuerai pas de faire semblant que tout roule alors que ça n'est pas le cas, simplement parce que ça t'arrange, toi, là-bas. Je ne sais pas encore si c'est lié à ma personnalité, ou simplement humain, d'en avoir marre à un moment, de vouloir évacuer, et de trouver portes closes pour diverses raisons. Là où l'amertume me ronge, c'est que j'ai, bien souvent (trop souvent?) été la dernière porte pour pas mal de personnes, et qu'en l'état actuel des choses, je n'ai aucune porte à laquelle taper. Manque de diversité? Manque de confiance? Excès de fierté? Sans doute, sans aucun doute.
Quoi qu'il en soit, la route est longue jusqu'à la porte dorée. A peu de choses près, on a tous été plantés en même temps, elle est où la différence? Celle qui fait que d'aucuns se pavanent sur des routes dorées, rafraîchies par des hordes de vierges agitant leur rameau d'olivier, pendant que d'autres lapent le moindre caillou, la moindre source, à la recherche de la substantifique moelle?
En attendant je vais prendre mes rames, m'en servir pour tout et n'importe quoi, et arrêter d'avoir la moindre considération altruiste vu qu'apparemment, ça sert à rien. En tous cas, ça donne pas de cabane à Tataouine.