Saucisse.
C'est au final une grande constante de mon existence, une fascination un peu malsaine et totalement obsessionnelle pour la saucisse, et ce depuis toujours.
Déjà, dès mes plus jeunes années, mon arrière-grand-mère, petite dame polonaise toute ratatinée qui ne connaissait que deux/trois mots en français (merde, cul et nez, pas besoin de plus si on y songe) me nourrissait de saucisses confectionnées dans le secret de sa cuisine. Je conserve un souvenir ému des fêtes traditionnelles polonaises, notamment au moment de Pâques, où s'alanguissaient sur la nappe brodée moult saucisses de formes, couleurs et goûts variés. Leurs noms évoquent pour moi des souvenirs assez délicieux, et j'en ai par ailleurs l'eau à la bouche au moment où je les tape doucement sur mon clavier: les sossiski, la krakowska, les désormais célèbres (et vendues en grande surface) metka, et autres salceson. Une sorte de litanie, d'invocation rituelle du Dieu de la Saucisse au travers de l'évocation de ses mots aux consonances exotiques (oui, on peut considérer l'Europe de l'Est comme un début d'exotisme).
Un grand coucou au passage à ma copine la Leberka, une saucisse à base de foie qu'on peut étaler sur ses tartines, et à titre anecdotique, mon arrière-grand-mère (cette sainte femme) appelait ainsi le foie gras qu'on lui proposait à Noël. On a eu beau lui expliquer qu'en dépit d'une certaine ressemblance de couleur, de consistance, voire gustative, il n'était pas très bien vu d'établir ce parallèle à table, a fortiori en cas d'invitation chez une tante à cheval sur les principes, jamais elle n'en a démenti, et toujours elle réclamait du rab' de leberka. En même temps, inutile de se leurrer, c'est bon et pas très compliqué à mâcher.
Les années sont passées, le temps s'est lentement écoulé, et cette obsession de la saucisse reste, avec un fascination supplémentaire pour le saucisson, notamment la Kantwurst autrichienne, de forme rectangulaire, qui peut ainsi se poser sans déborder sur des tranches de pain et constituer un sandouiche régulier. Je soupçonne les Autrichiens de lui avoir donné cette forme uniquement dans ce but, par ailleurs.
J'ai déjà pensé plusieurs fois à me faire un petit tour du monde de la saucisse, consignant dans un petit carnet de voyages mes impressions gustatives, olfactives, voire digestives, au sujet des différents formes qu'adopte ce mets traditionnel de part la planète. Y'a bien des gens qui font le tour du monde des sites archéologiques ou des musées d'art contemporain, alors pourquoi pas un hommage à la Saucisse? Après tout, si on propose de l'éco-tourisme, pourquoi pas du Wurst-tourismus?
Force est de constater qu'il est difficile de faire plus simple: de la viande hachée (ou pré-mâchée), dans un boyau, de taille adaptée à la bouche, nourrissante, épicée, avec possibilités démultipliées dans l'emploi d'aromates, s'accordant à ravir avec des légumes (si on est un peu tatillon au sujet de son équilibre alimentaire), de riantes salades variées, des pommes de terre en chemise ou en robe des champs, voire, tout simplement, des doigts avides de la croquer et de l'avaler tout rond.
Saucisse, oui, mais chipo ascendant boudin
C'est au final une grande constante de mon existence, une fascination un peu malsaine et totalement obsessionnelle pour la saucisse, et ce depuis toujours.
Déjà, dès mes plus jeunes années, mon arrière-grand-mère, petite dame polonaise toute ratatinée qui ne connaissait que deux/trois mots en français (merde, cul et nez, pas besoin de plus si on y songe) me nourrissait de saucisses confectionnées dans le secret de sa cuisine. Je conserve un souvenir ému des fêtes traditionnelles polonaises, notamment au moment de Pâques, où s'alanguissaient sur la nappe brodée moult saucisses de formes, couleurs et goûts variés. Leurs noms évoquent pour moi des souvenirs assez délicieux, et j'en ai par ailleurs l'eau à la bouche au moment où je les tape doucement sur mon clavier: les sossiski, la krakowska, les désormais célèbres (et vendues en grande surface) metka, et autres salceson. Une sorte de litanie, d'invocation rituelle du Dieu de la Saucisse au travers de l'évocation de ses mots aux consonances exotiques (oui, on peut considérer l'Europe de l'Est comme un début d'exotisme).
Un grand coucou au passage à ma copine la Leberka, une saucisse à base de foie qu'on peut étaler sur ses tartines, et à titre anecdotique, mon arrière-grand-mère (cette sainte femme) appelait ainsi le foie gras qu'on lui proposait à Noël. On a eu beau lui expliquer qu'en dépit d'une certaine ressemblance de couleur, de consistance, voire gustative, il n'était pas très bien vu d'établir ce parallèle à table, a fortiori en cas d'invitation chez une tante à cheval sur les principes, jamais elle n'en a démenti, et toujours elle réclamait du rab' de leberka. En même temps, inutile de se leurrer, c'est bon et pas très compliqué à mâcher.
Les années sont passées, le temps s'est lentement écoulé, et cette obsession de la saucisse reste, avec un fascination supplémentaire pour le saucisson, notamment la Kantwurst autrichienne, de forme rectangulaire, qui peut ainsi se poser sans déborder sur des tranches de pain et constituer un sandouiche régulier. Je soupçonne les Autrichiens de lui avoir donné cette forme uniquement dans ce but, par ailleurs.
J'ai déjà pensé plusieurs fois à me faire un petit tour du monde de la saucisse, consignant dans un petit carnet de voyages mes impressions gustatives, olfactives, voire digestives, au sujet des différents formes qu'adopte ce mets traditionnel de part la planète. Y'a bien des gens qui font le tour du monde des sites archéologiques ou des musées d'art contemporain, alors pourquoi pas un hommage à la Saucisse? Après tout, si on propose de l'éco-tourisme, pourquoi pas du Wurst-tourismus?
Force est de constater qu'il est difficile de faire plus simple: de la viande hachée (ou pré-mâchée), dans un boyau, de taille adaptée à la bouche, nourrissante, épicée, avec possibilités démultipliées dans l'emploi d'aromates, s'accordant à ravir avec des légumes (si on est un peu tatillon au sujet de son équilibre alimentaire), de riantes salades variées, des pommes de terre en chemise ou en robe des champs, voire, tout simplement, des doigts avides de la croquer et de l'avaler tout rond.
Saucisse, oui, mais chipo ascendant boudin
mais OUI. Mille fois oui.
RépondreSupprimerune salade de saucisses. pas con ça.
RépondreSupprimer