Saleté de mot, saleté de concept, saleté de truc de machin tout court.
Depuis que je ne dors plus, depuis que je ne sais plus ce que signifie une bonne nuit, voire une nuit complète durant plus de quatre heures consécutives, je hais la notion d'insomnie. Il n'y a rien de franchement folichon à être tiré de son lit sur le coup de quatre heures, à aller faire un petit tour anecdotique aux ouatères histoire de trouver une cause à cette fâcheuse tendance à rester éveillée. Rien de glorieux à se targuer de pouvoir être opérationnelle, lavée douchée petit-déjeunée dès cinq heures, alors que le soleil lui-même hésite encore à pointer le bout de son rayon. Rien en dehors d'un énorme doute, d'une seule question qui parasite le reste des activités: Mais pourquoi je ne dors pas? Pourquoi?
Une consultation récente auprès d'un médecin spécialisé dans les troubles du sommeil m'aura appris que mes insctincts primitifs (on pourra aussi employer le qualificatif bestiaux mais je le trouve largement moins classe) étaient perpétuellement en éveil.
Mes yeux en premier lieu, guettant sans répit l'heure, calculant sans relâche le nombre d'heures déjà "dormies", celles qui me restent à tenter de consumer dans un sommeil réparateur, le temps que je passe à effectuer ces foutus calculs arithmétiques en pleine nuit. Un seul leitmotiv, un unique mot d'ordre, dormir. A moi les longues minutes qui s'égrainent presque sans fin, à me dire maintenant je dors et à désespérer de constater que je suis toujours éveillée, dans une tentative d'auto-hypnose aussi chronophage qu'inutile.
Mes oreilles ensuite, toujours à l'affût du moindre bruit pouvant troubler la quiétude de la nuit (la nuit? c'est quoi, ça?).
Mon nez enfin, si si, mon petit nez truffé de tâches de rousseur serait en effet l'un des acteurs principaux du terrible drame qui se noue chaque nuit dans le secret de ma chambre. Mon nez, toujours en alerte, flairant l'obscurité à la recherche de traces olfactives d'un éventuel prédateur rôdant dans les parages (j'ai toujours reconnu avoir peur des félins, tigres et panthères en première instance, mais de là à devenir paranoïaque tendance psychotique option intérieur cuir parce qu'un chat entre dans ma chambre, il y a des limites au raisonnable, mon bon monsieur), disais-je donc, ce nez qui cherche, farfouille, malaxe les effluves et leurs moindres particules significatives afin de mettre en branle un système élaboré de défense.
Des réactions totalement sous la dépendance de ce bidule qu'on dénomme désormais système limbique, résurgence anatomique de l'époque où nous n'étions que de pauvres petits singes, effrayés par le léopard qui erre là-bas dans les fourrés, ou l'ours frigorifié qui ne demande qu'à s'approprier notre grotte qui dispose du chauffage central. Des réactions qui ouvrent la porte à d'autres perceptions, la réalité est sacrément différente si on ne totalise qu'une poignée d'heures de sommeil hebdomadaires, le reste du temps étant partagé entre de longues heures au travail, et de longues heures à observer un chat miteux capturer les insectes attirés par la lumière de ma lampe de bureau. Jusqu'à ces jours récents, je ne savais pas receler en moi tant de patience mêlée à tant de colère, j'avoue avoir commencé à m'inquiéter quand je devais souffler, respirer, avant de répondre à un patient autrement que par un crochet du droit en pleine mâchoire (accompagné, éventuellement, d'un flot d'insultes variées et relatives aux mœurs sexuelles des animaux), quand je me suis rendue compte que mes réflexes étaient émoussés au point de ne plus réaliser correctement les tâches automatiques du quotidien comme faire la vaisselle (en baignoire, milieu hostile certes), ou rester au téléphone plus de deux minutes, après le cap fatidique des 20 heures. Non contente de rimer avec l'heure du journal télévisé, cette heure évoque pour moi le commencement de la fin. Le moment où mes yeux me brûlent, le moment où je n'ai qu'une envie (dormir), le moment où je ne pense qu'à une chose (dormir), le moment où je refuse de dormir, ma notion sociale du temps réfutant totalement le fait d'aller se coucher à 20 heures, avec les poules et les paysans du XIVème, usés par leur travail aux champs. Le moment où je commence à songer à une heure idoine où rejoindre ma couche, le moment où les soucis du jour refont surface, le moment où je tente de décrypter ces soucis, le moment où j'oublie de les oublier.
Raccourci honteux, je clôturerai ce post étrange en signalant que j'ai eu une belle ordonnance (certes symbolique) de vacances, et que j'en ai ri aux larmes en contemplant mon agenda.
Dormirai-je cette nuit, ou resterai-je éveillée, songeant aux diverses modalités de travailler la couleur chez l'enfant souffrant d'un retard conséquent de langage (mon dada du moment)? Je ne le sais, je ne veux pas le savoir, j'aimerai tellement n'en avoir rien à faire, et juste dormir, poings fermés, en ronflant, bavant, criant, parlant, tout ce flot d'inactivités spontanées qui accompagnent le sommeil réparateur.
/tourette BORDEL DE MERDE DE PUTE NAINE PHOQUE CHAUVE CONDUCTEUR DE CAR DE TOURISME CROTTE DE BIQUE PLAFOND PONEY BOUGIE GRAVIER
Depuis que je ne dors plus, depuis que je ne sais plus ce que signifie une bonne nuit, voire une nuit complète durant plus de quatre heures consécutives, je hais la notion d'insomnie. Il n'y a rien de franchement folichon à être tiré de son lit sur le coup de quatre heures, à aller faire un petit tour anecdotique aux ouatères histoire de trouver une cause à cette fâcheuse tendance à rester éveillée. Rien de glorieux à se targuer de pouvoir être opérationnelle, lavée douchée petit-déjeunée dès cinq heures, alors que le soleil lui-même hésite encore à pointer le bout de son rayon. Rien en dehors d'un énorme doute, d'une seule question qui parasite le reste des activités: Mais pourquoi je ne dors pas? Pourquoi?
Une consultation récente auprès d'un médecin spécialisé dans les troubles du sommeil m'aura appris que mes insctincts primitifs (on pourra aussi employer le qualificatif bestiaux mais je le trouve largement moins classe) étaient perpétuellement en éveil.
Mes yeux en premier lieu, guettant sans répit l'heure, calculant sans relâche le nombre d'heures déjà "dormies", celles qui me restent à tenter de consumer dans un sommeil réparateur, le temps que je passe à effectuer ces foutus calculs arithmétiques en pleine nuit. Un seul leitmotiv, un unique mot d'ordre, dormir. A moi les longues minutes qui s'égrainent presque sans fin, à me dire maintenant je dors et à désespérer de constater que je suis toujours éveillée, dans une tentative d'auto-hypnose aussi chronophage qu'inutile.
Mes oreilles ensuite, toujours à l'affût du moindre bruit pouvant troubler la quiétude de la nuit (la nuit? c'est quoi, ça?).
Mon nez enfin, si si, mon petit nez truffé de tâches de rousseur serait en effet l'un des acteurs principaux du terrible drame qui se noue chaque nuit dans le secret de ma chambre. Mon nez, toujours en alerte, flairant l'obscurité à la recherche de traces olfactives d'un éventuel prédateur rôdant dans les parages (j'ai toujours reconnu avoir peur des félins, tigres et panthères en première instance, mais de là à devenir paranoïaque tendance psychotique option intérieur cuir parce qu'un chat entre dans ma chambre, il y a des limites au raisonnable, mon bon monsieur), disais-je donc, ce nez qui cherche, farfouille, malaxe les effluves et leurs moindres particules significatives afin de mettre en branle un système élaboré de défense.
Des réactions totalement sous la dépendance de ce bidule qu'on dénomme désormais système limbique, résurgence anatomique de l'époque où nous n'étions que de pauvres petits singes, effrayés par le léopard qui erre là-bas dans les fourrés, ou l'ours frigorifié qui ne demande qu'à s'approprier notre grotte qui dispose du chauffage central. Des réactions qui ouvrent la porte à d'autres perceptions, la réalité est sacrément différente si on ne totalise qu'une poignée d'heures de sommeil hebdomadaires, le reste du temps étant partagé entre de longues heures au travail, et de longues heures à observer un chat miteux capturer les insectes attirés par la lumière de ma lampe de bureau. Jusqu'à ces jours récents, je ne savais pas receler en moi tant de patience mêlée à tant de colère, j'avoue avoir commencé à m'inquiéter quand je devais souffler, respirer, avant de répondre à un patient autrement que par un crochet du droit en pleine mâchoire (accompagné, éventuellement, d'un flot d'insultes variées et relatives aux mœurs sexuelles des animaux), quand je me suis rendue compte que mes réflexes étaient émoussés au point de ne plus réaliser correctement les tâches automatiques du quotidien comme faire la vaisselle (en baignoire, milieu hostile certes), ou rester au téléphone plus de deux minutes, après le cap fatidique des 20 heures. Non contente de rimer avec l'heure du journal télévisé, cette heure évoque pour moi le commencement de la fin. Le moment où mes yeux me brûlent, le moment où je n'ai qu'une envie (dormir), le moment où je ne pense qu'à une chose (dormir), le moment où je refuse de dormir, ma notion sociale du temps réfutant totalement le fait d'aller se coucher à 20 heures, avec les poules et les paysans du XIVème, usés par leur travail aux champs. Le moment où je commence à songer à une heure idoine où rejoindre ma couche, le moment où les soucis du jour refont surface, le moment où je tente de décrypter ces soucis, le moment où j'oublie de les oublier.
Raccourci honteux, je clôturerai ce post étrange en signalant que j'ai eu une belle ordonnance (certes symbolique) de vacances, et que j'en ai ri aux larmes en contemplant mon agenda.
Dormirai-je cette nuit, ou resterai-je éveillée, songeant aux diverses modalités de travailler la couleur chez l'enfant souffrant d'un retard conséquent de langage (mon dada du moment)? Je ne le sais, je ne veux pas le savoir, j'aimerai tellement n'en avoir rien à faire, et juste dormir, poings fermés, en ronflant, bavant, criant, parlant, tout ce flot d'inactivités spontanées qui accompagnent le sommeil réparateur.
/tourette BORDEL DE MERDE DE PUTE NAINE PHOQUE CHAUVE CONDUCTEUR DE CAR DE TOURISME CROTTE DE BIQUE PLAFOND PONEY BOUGIE GRAVIER
c'est pourtant pas compliqué de dormir. Tu pourrais faire des efforts.
RépondreSupprimerAh ça me fait penser que j'avais lu une fois que la peur du noir venait du temps où nos connauds d'ancêtres avaient pas inventé le feu et qu'ils flippaient de se faire bouffer par des gros trucs dans leurs grottes sombres. Et j'avais trouvé ça passionnant.
RépondreSupprimerBonsoir.